• MayaMaya est moitié belge, moitié philippine. Ses parents sont vraiment mythiques, ils sont de tous les combats écologiques, connaissent tout le réseau ONG... Elle a plaqué son job bien payé (dans la finance je crois) pour ouvrir une petite école maternelle de type Steiner. Elle dirige l'école, et a deux collègues qui s'occupent de la classe d'une 15aine d'enfants. Elle est très sympa, curieuse de tout et semble connaître tout le monde à Davao! C'est aussi la cousine du chanteur Milow (vous vous souvenez de "Ayo Technology"?)


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  • Bankerohan est le marché de Davao. Il est énorme, je m’y perds encore à chaque fois que j’y entre. Il est organisé par zones à peu près clairement définies parfois en intérieur, parfois en extérieur, et on y circule dans des allées très étroites.  

    BankerohanBankerohan

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La première fois que j’y suis allée, c’était samedi de la semaine dernière : Maya m’avait invité à venir cuisiner le soir chez elle. On en avait parlé comme ça, mais quand l’info m’est revenue c’était devenu un grand événement et elle attendait 25 personnes. Du coup elle m’a emmenée à Bankerohan pour faire le plein de produits frais. C’était une expérience sensorielle assez incroyable avec saturation de couleurs, d’odeurs, de sons. Les œufs sont vendus à la pièce en fonction de leur taille, et ceux qui sont cassés sont moins chers ou vendu dans des sachets par 3 ou 4 sans leur coquille. Amande, toi qui aimes tant te lever à 5h pour les marchés aux poissons, ici tu seras ravie ! Il y a même des poissons volants !

    J’y suis retournée ce samedi pour des fleurs : j’avais été missionnée pour faire une couronne de fleurs pour le pahingalay, une cérémonie de prière et méditation inter-religions. Samedi était la journée nationale de Pahingalay et différentes organisations se sont relayées toute la journée par tranches de 3h pour que la journée soit passée en prière. Le matin de 6 à 9 c’était à Tuburan, l’école de Maya ; et Coffee For Peace accueillait la session de 21h à minuit. Seule au marché c’était encore autre chose, j’ai passé bien 20 minutes perdue dans Bankerohan à demander « Saan sa plowers ? » (où sont les fleurs ?) (ici on dit « p » pour « f »)

    La soirée quiches était un succès, 4 personnes sont venues en avance pour aider à cuisiner et tout le monde a beaucoup apprécié ce plat hautement exotique ! Quant au Pahingalay, les gens étaient très contents et les échanges intéressants. Par contre on a pas réussi à le faire durer 3 heures, on va dire qu’on a choisi de privilégier les échanges informels! 


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  • Marcello et UliMarcello et Uli viennent d'Allemagne mais ont vécu partout! Les histoires de Marcello commencent souvent par "Quand j'étais guide touristique en Islande...", "Quand je travaillais avec des jeunes défavorisés à Bordeaux"... Ici il travaille pour une ONG qui s'occupe de jeunes en difficulté. Uli vient aussi du milieu des ONG, elle a travaillé en Indonésie, vécu en Ethiopie, et est maintenant aux Philippines pour écrire sa thèse sur les conflits de territoires à Mindanao. Ils ont deux garçons, Pepe qui est ultra-sociable et le petit Semi qui bafouille en allemand, anglais et visaya. (Au milieu de la photo c'est Kirsten une amie d'Uli)

    C'est dans leur salon qu'à lieu la Tuesday Movie Night, et ils sont une source intarissable de bons plans à Davao!


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  • La semaine derniere nous sommes alles passer deux jours sur le mont Apo. Deux jeunes femmes etaient venues suivre une formation express sur le cafe pour ouvrir leur propre coffee shop a Manille, et j'ai profite de leur visite pour moi aussi en apprendre un peu plus...

    Cela fait pres de 10 jours qu'il pleut presque sans repit a Davao. Les rues ruissellent, mon plafond goutte... et les chemins de terre sont plus boueux que boueux. C'est dans cette joyeuse configuration que nous prenons la voiture pour aller sur le Mont Apo, visiter la communaute de Pluto Balutakai, a 1400m d'altitude. Tant que la route est macadamee on s'en sort bien, mais arrive le tournant tragique ou le beton s'arrete... Notre vehicule n'a aucune chance de monter alors on le laisse sur le cote de la route et on attaque a pieds. Dawn jure qu'on en a que pour 20 minutes avant d'atteindre la communaute. Tant mieux, parce que la nuit tombe.

    1h30 et de nombreux faux espoirs plus tard nous arrivons enfin dans la maison qui va nous accueillir pour la nuit. C'est ma premiere immersion dans le mode de vie rural.

    la piece principale

     

    Le sol de la piece a vivre est en terre battue/gadoue un peu solidifiee. Dehors, sous une bache, Ate Marivic (= Grande Soeur Marivic) nous cuisine un diner d'accueil: riz, bouillon et poisson seche et frit. Ils ont prepare 2 chambres pour nous, une pour les garcons (avec un lit parce qu'ils ne sont que deux) et une pour les filles. La chambre est un peu surelevee par rapport a la piece a vivre, et il y a du lino au sol, c'est pieds propres obligatoires! Elle fait environ 2m sur 2 avec une couverture au sol et je m'interroge: on dort vraiment a 4 la dedans? ... Ben oui, bien sur!

    Immersion a la campagne

    (Notez que sur la photo, prise au reveil, on est deja plus que 3 - sans compter les chats qui se sont incrustes entre temps)

    Je regrette de pas avoir de photo des toilettes/salle de bains! C'est une cabane 3 maisons plus loin (je ne sais pas si nos hotes se sont arranges avec les voisins pour qu'on ait acces a leur salle d'eau chicos ou si les toilettes sont communes a tout le voisinage). Une petite cabane donc, avec une toute mini cuvette en email rose et un tuyau qui coule sans arret dans une bassine qui deborde. Il y a un petit savon coince entre les lattes en bambou du mur et une louche dans la bassine. Et c'est tout! Perplexe je finis par demander a Dawn quelle est la marche a suivre. 

    *Attention! Le paragraphe suivant n'est destine qu'aux curieux avides de details! Esprits prudes s'abstenir!*

    Alors l'idee c'est de s'accroupir pour faire ce que tu as a faire. Si c'est solide tu as tout interet a enlever tout le bas et l'accrocher a la porte. Ensuite tu laves tout a grande eau avec la louche (combo papier toilettes / chasse d'eau) Si tu te debrouilles bien tu n'as meme pas besoin de te salir les mains, mais en cas d'accident le petit savon est la. D'ailleurs si tu es deja mouille et a moitie nu tu peux en profiter pour prendre ta douche complete, tu secheras avec le vent.

    *Les esprits prudes peuvent reprendre la lecture ici*

    Kuya Jun

    Le lendemain matin, Kuya Jun vient nous chercher, c'est lui qui va nous faire visiter son champ. Coup de bol, il fait beau! C'est reparti pour 1h30 de rando dans la boue. Kuya Jun est super agile, en descente il glisse entre les arbres en s'accrochant aux branches, nous on prend un peu plus de temps. Au passage on discute, et il me demande d'ou je viens. Je dis Paris et Strasbourg, plus a l'est du pays. Il reagit " Ah bon? En Alsace?' Il se trouve qu'il est feru d'histoire et qu'e depuis son petit village il lit tout ce qu'il peut sur l'histoire de l'Europe. Decidement les philippins n'en finissent pas de me surprendre...

    La suite demain :)

     

     


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  • Voilà le point info que j'avais promis pour mardi :)

    Et c'est parti pour les secrets d'un bon café!

    Les caféiers (?) poussent vite (sur la photo ce sont des jeunes arbres), et il faut faire attention à les espacer quand on les plante et et à les éclaircir régulièrement. Sinon ça devient un tout gros buisson qui s'autoétouffe, les nuisibles prolifèrent, les arbres meurent au milieu du buisson et les quelques mauvais fruits qui poussent sont impossibles à cueillir: bref, c'est la misère.

    les arbres à café

    Point info sur le café

    Le café c'est comme le cacao, c'est un fruit à la base! Anne-Laure le savait sans doute déjà mais s'il y a eu un Youpi sur le café je l'ai loupé :) Mais celui-ci par contre il est pas top, il a plutôt un goût de petit pois. Autant lui préférer ses grains!

    les noyaux

    Il y a en général 2 ou 3 grains par fruit. Mais certains n'en ont qu'un seul et alors on le récupère pour en faire du café de luxe: étant la seule graine elle a absorbé toute la saveur au lieu de la partager, et le café qui en découle n'a rien à voir (me dit-on).

    Après la cueillette, un choix s'impose: il y a deux écoles pour ça. La stratégie n°1 c'est le "dry process", on fait sécher le fruit en entier, comme ça. Tout sèche, et on se défait plus facilement de l'écorce après. Avantage: c'est tranquille; inconvénient: le fruit fermente autour des graines et donne un goût amer.

    dry processLa stratégie n°2 c'est le "wet process". On défait les grains de l'écorce du fruit frais, et on laisse macérer les grains dans de juste assez d'eau pendant 8h avant de les faire sécher au soleil. Avantage: ça donne du meilleur café; inconvénient: c'est un travail de fourmi (endurante). Heureusement il commence à y avoir des machines pour ça.

    On en profite pour enlever les grains qui flottent: ça veut dire qu'ils ont été rongés par les "borers".

    Point info sur le café

    wet process

    Après le séchage on les trie de nouveau. Si les grains sont cassés, pas d'une jolie couleur, trop petits etc, on les enlèvera aussi. La qualité d'un café est mesurée au nombre de défauts par 300g de grains.

    Ensuite le café est torréfié, moulu, coulé et bu... mais là vous en savez autant que moi :) (mais plus pour très longtemps!)


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